The spiritual power of music and sound


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Continuing our new series on Spiritual Care in Palliative Care.

Today, Alain Ducq, music and sound therapist attached to the Palliative Care Unit, Forcilles-Fondation Cognacq-Jay Hospital, France, explains how music and sound may help to alleviate spiritual suffering.

“Have you ever been so moved by a piece of music that you end up listening to it over and over?” Lise asked me when I was working one day on the palliative care unit. When she learned of her illness, she said she found herself listening incessantly to the Beatles’ number, Across the Universe. We sang it together, and as she smiled everything seemed to change in the world.

Thomas explained what music evoked for him:

“I’m going to die soon, I’m not really here anymore, and the same goes for music. It’s elsewhere. It takes you to another place…It’s an enigma!”

“In a few days from now, I’ll die, and this is how I’d like to feel when it happens, the way this music makes me feel now. I can’t describe it, precisely, I can’t think of the right words, it’s subtle,” is how Anne-Louise explained it to me.

Describing to me how the session had gone for her, Rosa told me that the black thoughts she’d been harbouring had disappeared:

“To start with, I was taken to a very deep place, passed by one instrument to another, until I wafted up like smoke rising. It’s how I imagine vanishing to be.” 

Yes, you’ve guessed it! I’m a music therapist. On first contact with the patient, when I enter their room, I tune myself to their rhythm. Like the sound box of an instrument, I try to reproduce what they’re expressing, and then amplify it to reveal their singularity.

Alain Ducq.

It’s when we listen to the unique arrangement I prepare for the patient, that the full potency of the three-cornered rapport between the patient, the music and the music therapist is realised. Listening can be an intensely profound experience and when it is so for the patient, it is so for me, too: “The illusory separation of myself from the other disappears. There is fusion and I enter infinite space and time.”

I’ve been a member of a palliative care team for some 18 months now. They are tremendous people, who inspire andmotivate me. I use music therapy as a form of spiritual care, even if it’s never formally voiced as such. Whilst music therapy is prescribed by the doctor, who gives relevant information. I don’t ever sit in on the handover, as I prefer to keep an open mind and avoid focusing on the patient’s physical condition.

Over the past year and a half, helped by the patients, my practice has evolved from pure music therapy to incorporate Sound Therapy. I use Himalayan singing bowls and a gong to give sound to the interior journey that leads to the deepest place of self. Submerged in sound, the path opens up onto a stellar inner experience.

The quality of the experience can be witnessed by intangibles such as loss of bodily sensation, time and space distortion, an impression of being transported or absent, and sharpened reminiscences… “I felt as though I no longer existed as a physical being. It was like being reborn, like hatching from larva into a dragonfly,” Daniel reported. Another indication of quality is the density of silence that hangs in the air at the end of a session, “like an invisible vibrating shroud surrounding us.”

Sessions of Sound Therapy, which are open to family members, can become a ritual of care. When Pierre’s wife realised he didn’t have much time left, she and their children requested Sound Therapy. As she curled up next to him on the bed and they took a last journey together, I felt a sense of breathtaking wonder. It was a sacred experience for me.

Music and sound have accompanied our species since the beginning of time, and continue right up to the present day, even in our secularised Western societies, where echoes of their ancient origins are still perceptible. Music therapy in this way has a role to play in helping to alleviate spiritual suffering by clearing a path towards the deepest human dimension. 

Note: For reasons of patient confidentiality, patients’ names have been changed in this article.

References and links

Follow our series on Spirituality and Palliative Care on the EAPC blog. Next week: Dr Frank Brennan from Australia.

Le pouvoir spirituel de la musique et des sons

Suite de notre nouvelle série sur l’accompagnement spirituel en soins palliatifs.

Aujourd’hui, Alain Ducq, musicothérapeute et sonothérapeute intervenant à l’unité de soins palliatifs del’hôpital Forcilles – Fondation Cognacq-Jay, France, explique comment la musique et les sons peuvent contribuer à soulager la souffrance spirituelle.

« Est-ce que vous n’avez pas été touché par une musique au point de l’écouter sans arrêt ? » me demande Lise, une patiente hospitalisée en unité de soins palliatifs. À l’annonce de sa maladie, elle a écouté en boucle « Across the universe » des Beatles. Nous la chantons ensemble, elle sourit, tout semble transformé.

Jean m’explique ce que la musique évoque pour lui : «  Vous voyez je vais bientôt mourir et je ne suis plus vraiment là, la musique aussi est ailleurs. On part loin dans un autre espace. Quel mystère ! ».

Anne-Louise confie : « dans quelques jours je vais mourir. Cette musique c’est exactement l’état d’esprit dans lequel je souhaiterais être à ce moment-là. Je n’ai pas de mots pour traduire toutes les subtilités… ».

Rosa décrit sa séance : « Je suis partie tout d’abord en profondeur en suivant les instruments qui jouaient, puis je me suis envolée vers le haut, comme de la fumée, comme si j’avais disparu ». Elle n’a plus ces idées noires qui l’envahissaient auparavant.

Vous l’avez deviné, je suis musicothérapeute. Quand j’entre dans la chambre d’un patient je m’accorde d’abord à son rythme. Comme la caisse de résonance d’un instrument, je cherche à résonner avec ce qu’il exprime et à l’amplifier afin que se révèle sa singularité.

Alain Ducq.

Lors de l’écoute du montage musical préparé spécialement pour lui, la triangulation patient-musique-musicothérapeute opère à pleine puissance. L’écoute peut être une expérience profonde. Lorsqu’elle l’est pour le patient, elle l’est également pour moi : « La limite illusoire entre moi et l’autre disparaît. Il y a fusion et j’entre dans un espace infini et sans temps ».

J’utilise la musicothérapie comme forme d’accompagnement spirituel, même si cela n’est jamais formalisé verbalement. Les médecins font des prescriptions pour la musicothérapie. Avant les séances, ils me donnent les indications nécessaires. Je ne participe pas aux transmissions car je veux garder un regard neuf et ne pas me focaliser sur l’état du corps. Depuis dix-huit mois maintenant, je fais partie intégrante d’une formidable équipe, qui m’encourage et m’inspire.

Les patients ont fait évoluer ma pratique. J’utilise maintenant des bols tibétains et un gong pour traduire de façon sonore le chemin intérieur qui mène au plus profond de soi. Ces bains de sons ouvrent la porte à d’importantes expériences intérieures.

Les indicateurs suivants permettent d’en évaluer la qualité : perte de sensation du corps, distorsion du temps et de l’espace, impression d’avoir été ailleurs ou absent, réminiscences…

« J’avais l’impression de ne plus exister physiquement. Pour moi c’était une renaissance, comme la transformation de l’étape d’un œuf à la libellule »dit DanielUn autre indicateur est l’épaisseur du silence en fin de séance « comme si une substance invisible vibrait dans l’air et nous englobait »

Les bains de sonssont ouverts aux aidants et peuvent devenir un rituel d’accompagnement. L’épouse de Pierre apprend que son mari vit ses derniers instants. Le père et les deux enfants entourent Pierre, ils souhaitent faire un bain de sons. Elle s’allonge aux côtés de son mari et ils partent tous ensemble pour un dernier voyage. Ce moment reste pour moi une expérience sacrée indicible.

La musique et les sons accompagnent notre espèce depuis la nuit des temps et même dans notre société occidentale sécularisée, des échos archaïques continuent de résonner depuis leurs origines lointaines. Aussi la musicothérapie a un rôle à jouer pour participer au recul de la souffrance spirituelle en réparant le pont coupé vers la dimension la plus profonde de l’Être.

Remarque : pour des raisons de confidentialité, les prénoms des patients ont été changés dans cet article.

Liens et ressources

Vous pouvez lire les billets publiés précédemment sur la musicothérapie dans la série ‘Arts and Palliative Care’ sur le blog de l’EAPC.

Suivez notre série sur ‘Sirituality and Palliative Care’ sur le blog de l’EAPC. La semaine prochaine: Dr Frank Brennan.

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