Educating schoolchildren about death – Éduquer les enfants scolarisés à la mort

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Éduquer les enfants scolarisés à la mort

Marie-Ange Abras, chercheuse en soins palliatifs à l’Organisme de Recherche sur la Mort et l’Enfant et associée au Centre de Recherche de l’Imaginaire Social et de l’Éducation – Université Paris VIII. Elle explique ici le contexte de son article, dont la version intégrale est parue dans l’édition de mars/avril 2013 du European Journal of Palliative Care.

Marie-Ange Abras

Marie-Ange Abras

Au cours de mon expérience, j’ai procuré des soins à des personnes en fin de vie pendant plusieurs années. Je me questionnais sur le fait que nous ne pensions à la mort et au sens de l’existence qu’une fois que nous n’avons plus d’autre alternative. Aussi de nombreuses personnes en fin de vie me confiaient qu’elles avaient été privées de vivre un deuil durant leur enfance en raison du fait que les adultes leur cachaient un décès, ou qu’elles avaient été empêchées de vivre une perte. Tout cela m’a conduite à étudier et à mettre en œuvre une méthodologie pour parler de la mort en amont de celle-ci. Malgré les obstacles importants en raison de la peur des adultes, j’interviens dans les écoles depuis 1993, dans le cadre de plusieurs séances d’une heure. Cette démarche éducative aide les élèves et leur famille, ainsi que les professionnels de l’éducation et de la santé.

L'utilité de sensibiliser les professionnels de l'éducation et de la santé

L’utilité de sensibiliser les professionnels de l’éducation et de la santé

Même si le sujet de la mort semble de moins en moins tabou, il est impensable pour les adultes que l’on puisse parler de la mort avec les enfants. Cela est dû à la conscience de l’adulte qui fragmente l’existence par des périodes de mort, ce qui donne des étapes telles que l’avant mort, le mourir et l’après mort. Les enfants, étant moins conditionnés, vivent le moment présent et ressentent la nécessité de parler de la mort car ils représentent la vie. Ma démarche éducative répond aux besoins actuels de la société et à ceux des élèves. Ainsi, en parlant de la mort, les enfants s’expriment sur des thématiques qui permettent de mettre à jour toute problématique existentielle. Je mets également en œuvre mon idée de départ de les revoir quelques années après la première rencontre, pour savoir comment ils ont traversé les épreuves de la vie.

Anecdote qui démontre à quel point il est essentiel de parler de la mort avec les enfants qui n’ont pas souvent un espace pour parler des sujets inhabituels. Gaston, dix ans, nous confie lors d’un groupe de parole :

« C’était pour mon anniversaire, la veille, mon cousin est parti en voiture pour aller m’acheter un cadeau, et il a fait un accident de voiture, et il est mort. Je suis coupable parce que c’est à cause de moi qu’il est parti aller acheter un cadeau. S’il n’était pas parti, il ne serait pas mort. C’est moi qui lui ai dit s’il pouvait m’acheter un cadeau. Il m’a dit d’accord, et il est parti. Et à minuit, il y a des policiers qui viennent chez nous, et ils disent qu’il est décédé ».

Pour en savoir plus…

  • Cet article de blog concerne l’article de Marie-Ange Abras « An Approach to Educating Children about Death » paru dans l’édition de mars/avril 2013 du European Journal of Palliative Care (volume 20, numéro 2).

    La version intégrale de cet article est parue dans le European Journal of Palliative Care

    La version intégrale de cet article est parue dans le European Journal of Palliative Care

  • Si vous êtes déjà abonné au European Journal of Palliative Care (option en ligne), vous pourrez télécharger et imprimer ce numéro ainsi que tous les articles contenus dans les archives du journal. Les membres de l’Association Européenne des Soins Palliatifs bénéficient de tarifs d’abonnements réduits – pour s’abonner en ligne, cliquez ici.
  • O.R.M.E. (Organisme de Recherche sur la Mort et l’Enfant).
  • CRISE (Centre de Recherche sur l’Imaginaire Social et l’Éducation), Université Paris. 

READ THE ENGLISH VERSION OF MARIE-ANGE ABRAS’S  POST…

Educating schoolchildren about death

Marie-Ange Abras, Researcher in Palliative Care at ORME (Organisation for Research into Death and the Child); Associate Researcher at CRISE (Centre for Research into Imaginative Social and Educational Vision, Université Paris VIII, France. Here she explains the background to her longer article that is published in the European Journal of Palliative Care.

Marie-Ange Abras

Marie-Ange Abras

In the course of my career, I spent a number of years nursing people at the end of their lives. I found myself wondering how it is that we only think about death and the meaning of life when we are faced with no alternative. Many people nearing death also confided to me that as children they had felt unable to experience grieving because adults had hidden a death from them, or they had felt robbed of the opportunity to fully experience loss of some sort. I felt drawn to explore this field and set up a methodology for talking about death before the event. Despite encountering major obstacles because of adults’ fears, I have been working in schools since 1993, doing several one-hour sessions with groups of students. This educational approach appears to be helpful both to them and their families, as well as to teaching and health professionals.

Raising awareness among teaching and health professionals

Raising awareness among teaching and health professionals

Even though the subject of death seems less and less taboo, many adults find it inconceivable that you can discuss death with schoolchildren. This comes from the way that grown-ups’ awareness breaks life down into periods related to death, resulting in stages such as ‘before death’, ‘dying’ and ‘after death’. Children, being less conditioned, live in present time and feel the need to talk about death, because they radiate life. My educational project fits in with schoolchildren’s needs and the current needs of society. Thus, when discussing death, children can express their feelings about topics that allow them to clarify various existential issues. Whenever possible I aim to see them again a few years after the first meetings, to find out how they have negotiated the hardships of life.

The following anecdote illustrates how vital it is to talk about death with children who do not often have the chance to discuss unusual subjects. Gaston, aged ten, shared with us in a group session:

”For my birthday, my cousin drove off the day before to buy me a present – and he had a car crash and died. I feel guilty because he went off to buy a present because of me. If he hadn’t gone, he wouldn’t have died. I’m the one who asked him to get me something. He said OK, and off he went. And then at midnight, the police came round to our house to say he had died.

Find out more…

  • Read the complete article in the March edition of the European Journal of Palliative Care

    Read the complete article in the March edition of the European Journal of Palliative Care

    The article to which this post relates, ‘An Approach to Educating Children about Death’, by Marie-Ange Abras, is published in the March/April 2013 issue of the European Journal of Palliative Care, Vol. 20, Number 2.

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  • O.R.M.E. (Organisme de Recherche sur la Mort et l’Enfant).
  • CRISE (Centre de Recherche sur l’Imaginaire Social et l’Éducation), Université Paris 8

 

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3 Responses to Educating schoolchildren about death – Éduquer les enfants scolarisés à la mort

  1. lynnepion1 says:

    Je suis tout à fait en accord avec cet article. C’est ce que je fais de l’autre côté de l’océan; formations, conférences afin de sensibiliser aux bienfaits de parler de la mort et ses sous-thèmes et apprivoiser les différentes couleurs de la Vie. J’ai écrit un livre (une histoire) Est-ce que tout le monde meurt? afin d’utiliser un outil tangible pour aborder des thèmes intangibles. Bravo pour cet excellent article, au plaisir,
    Lynne

  2. Pingback: Le milieu scolaire familiarise-t-il les enfants à la mort? | lynnepion.com

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